You are currently viewing Le microbiote intestinal et ses principaux dérèglements (partie 2)

L’immersion étant faite dans l’univers intestinal après cette 1ère partie, il est question dans ce nouvel article des changements majeurs qui s’installent dans nos communautés microbiennes. Avec une variété de retentissements souvent insoupçonnés par l’hôte. Il s’agit dès lors d’une dysbiose.

Signes de dysbiose et premier réflexe

Si vous souffrez de ballonnements au quotidien, si votre transit est perturbé, si vous avez des douleurs abdominales inhabituelles et récurrentes, ou si certains aliments posent problème depuis peu de temps, une dysbiose a peut-être fait son apparition.

En premier lieu, si ce n’est pas déjà fait, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre gastro-entérologue afin de réaliser les examens spécifiques (par exemple endoscopie, coloscopie, biopsie). Une fois la maladie ou les lésions de l’appareil digestif écartés, se pose la question de la dysbiose qui n’aurait pas été identifiée.

Investiguer dans les habitudes de vie de la personne est le préalable en micronutrition afin de disposer de premiers indices.

Genèse de la dysbiose

Le microbiote intestinal a sa susceptibilité, il arrive que nous l’offensions sans s’en apercevoir. Ce qui le met profondément à mal sont des habitudes assez courantes, et certains ont un microbiote intestinal plus robuste et résilient que d’autres. Les efforts sportifs très intenses ou très longs, les excès répétés de sucre, de protéines animales, de graisses animales, la prise récurrente de certains médicaments (antibiotiques, aspirine, anti-acides), le stress chronique, et la pollution sont des facteurs qui vont déstabiliser l’écosystème microbien.

Il est alors question de dysbiose lorsque la communauté microbiennne intestinale est en déséquilibre quantitatif ou qualitatif marqué. Certaines lignées ont des taux exagérément bas ou élevés. La dysbiose bactérienne la plus fréquente correspond à un manque de bactéries du genre Bifidus et Bacteroïdes, ou un excès de Prevotella.

Types de dysbiose

En déséquilibre notre microbiote intestinal manifeste des signes récurrents qui dépendent du type de dysbiose:

  • Dysbiose de fermentation : ballonnnements (augmentés par les fibres), gaz non odorants, altération du transit (typiquement alternance diarrhée-constipation), douleur au niveau du colon ascendant (côté droit)
  • Dysbiose de putréfaction : ballonnements, gaz et selles fortement malodorants, fatigue du foie, humeur irritable, douleur au niveau du colon descendant (côté gauche)
  • Candidose intestinale : ballonnements (augmentés par les glucides à indice glycémique élevé), gaz, fatigue, déprime, anxiété, envie de sucre irrépressible, faiblesse immunitaire, allergies (respiratoires, eczéma..), mycoses (ongles, vaginale, muguet, pied d’athlète..), langue blanche, perlèche (dépôt blanchâtre au coin des lèvres), fatigue du foie.

Pour un type de dysbiose donné, les signes ne sont pas nécessairement tous présents. Par contre plusieurs types de dysbioses peuvent être présents simultanément. Par exemple une dysbiose de putréfaction peut être associée à une candidose.

Ces signes évocateurs doivent être croisés avec les résultats d’une analyses des métabolites urinaires, et si possible une analyse des acides gras à chaîne courte afin de confirmer l’origine dysbiotique des troubles.

A noter dans les facteurs de dysbiose que les antibiotiques nettoient les indésirables mais aussi les bactéries amicales dites « eubiotiques ». S’ensuit une baisse de diversité des espèces qui peut s’avérer définitive. Bien que les antibiotiques soient impératifs dans certaines situations, certaines espèces bactériennes potentiellement clés pour notre santé peuvent disparaître à l’occasion de la prise d’antibiotiques. En micronutrition, le renforcement immunitaire préventif est privilégié pour éviter autant que possible la prise d’antibiotiques.

Qu’est ce que le SIBO ?

Un autre type de dérèglement microbiotique n’est pas à proprement parlé une dysbiose mais celui-ci concerne aussi le microbiote : le SIBO.

Littéralement le SIBO un surdéveloppement bactérien dans l’intestin grêle (Small intestin bacterian overgrowth). Le microbiote dont le siège est principalement le colon a colonisé vers le haut une zone où il ne devrait pas se situer.

Il s’agit ici d’une extension géographique du microbiote pour des raisons purement fonctionnelles. Sont par exemple incriminés le manque d’acidité gastrique, une faiblesse de la vésicule biliaire, une insuffisance en enzymes pancréatiques, et/ou bien une mauvaise mobilité intestinale (troubles du CMM, le complexe migrant moteur). Il est important d’identifier les causes pour les prendre en charge spécifiquement.

Si vos ballonnements sont particulièrement douloureux, et qu’ils sont majorés 30 à 60 minutes après le repas, notamment après consommation de végétaux de type FODMAPS, il est possible que vous souffriez d’un SIBO. Cette piste nécessitera d’être confirmée par un « breath-test ». Puis, l’identification des causes permettra une prise en charge par votre micronutritionniste pour agir durablement.

Quand la dysbiose influence le terrain

Certaines conséquences des dysbioses sont manifestes (encore faut-il faire les liens), d’autres sont plus diffuses car d’ordre physiologique à bas bruit.

Les dysbioses affectent le terrain qui correspond à l’environnement dans lequel baignent les cellules du corps. La qualité du terrain influence les réponses métaboliques et fonctionnelles.

Prenons quelques exemples associés au microbiote.

Si vous êtes amaigri-e avec les signes du SIBO, il peut exister une malabsorption. En temps normal les nutriments passent dans le sang essentiellement au niveau de l’intestin grêle. Si cette partie de l’intestin est colonisée en excès, les bactéries se nourrissent en premier, et nous laissent la portion congrue du bol alimentaire qui ne couvre alors plus des apports nutritionnels suffisants. On comprend alors l’impact physiologique à travers les carences créées par le SIBO et la malabsorption.

Autre exemple avec la dysbiose de putréfaction dont les bactéries en excès produisent certaines toxines, dites LPS. Ces composés pro-inflammatoires peuvent induire une inflammation de bas grade via notamment la “cascade des kinases”. En fonction du type de matières grasses que nous mangeons -généralement les apports en oméga 3 sont beaucoup trop faibles – s’ensuit une inflammation de faible niveau mais généralisée avec des effets métaboliques sur le long terme . Par exemple cela peut créer des douleurs articulaires, du surpoids, un diabète de type 2, de la neuro-inflammation. Ici la dysbiose de putréfaction accentue les effets du déséquilibre en oméga 3.

Enfin troisième exemple. Si la flore amicale cède la place à une flore pathogène habituellement minoritaire, les acides gras à chaîne courte (voir ici) seront produits en plus faible quantité. Ce qui entraîne une inflammation intestinale et un intestin hyper-perméable, faisant le lit d’intolérances alimentaires, ainsi que de maladies auto-immunes sur le long terme.

Conclusion: « Toute maladie commence dans l’intestin » ?

Hippocrate père de la médecine moderne soulevait déjà à l’Antiquité une mécanique essentielle qui se joue dans nos viscères.

Si ce postulat reste excessif, les découvertes dans le domaine du microbiote intestinal ces 20 dernières années confirment que les intestins sont un pilier fondamental de la santé et contribuent au « terrain » individuel, comme nous venons de le voir.

Après avoir décrit les principales perturbations du microbiote intestinal, intéressons-nous aux solutions de première intention apportées par la micronutrition. Et penchons-nous sur les moyens de prévenir les dysbioses.

Laisser un commentaire