You are currently viewing Le microbiote intestinal et ses principaux dérèglements (partie 1)

De nombreux troubles intestinaux inexpliqués, parfois associés à un mauvais moral ou des intolérances alimentaires, trouvent leur origine dans des perturbations du microbiote intestinal.

D’autres désordres extra-digestifs sans cause évidente comme des maux de tête, du surpoids, de la fatigue chronique, peuvent être imputés aux microbes qui nous habitent.

Cette série d’articles a pour objectifs – sans être exhaustifs – de vous apporter une compréhension élémentaire de ce qu’est le microbiote intestinal, de ses rôles, et des ses perturbations les plus répandues, et de vous donner des informations sur l’approche suivie en micronutrition.

Commençons par les généralités et plantons le décor.

Qu’est-ce que le microbiote intestinal ?

Chacun d’entre nous héberge et transporte plusieurs microbiotes. Composés de communautés microbiennes, les microbiotes s’installent dès la naissance sur les surfaces en contact avec le monde extérieur: peau, bouche, cavité nasale, yeux, oreilles, vagin et intestins. La colonisation de l’organisme commencerait même in-utero.

En situation normale le microbiote intestinal occupe principalement la sortie de l’intestin grêle et le colon.

Cet écosystème logé dans nos entrailles est l’un des 4 acteurs clés de la santé intestinale, au côté de la paroi des intestins (qui doit être perméable mais pas trop), du mucus intestinal (support propice aux bonnes bactéries) et du système immunitaire (dont le bon équilibre est primordial).

Le microbiote intestinal en quelques chiffres:

  • Composé de bactéries, levures, virus, parasites
  • Poids 1,5 à 2kg
  • Environ 150 espèces en moyenne chez un individu parmi les 1000 espèces répertoriées chez l’Homme
  • 10 fois plus de micro-organismes que les cellules de notre corps
  • 100 fois plus d’ADN bactérien que d’ADN de l’individu hôte

La composition du microbiote est propre à chacun. Les espèces microbiennes sont en interactions permanentes et en concurrence active. De façon courante, la composition du microbiote intestinal varie de façon modérée au cours de la journée, typiquement selon le contenu de l’assiette ou en cas de stress.

La composition moyenne est fortement déterminée par celle de la maman -si naissance par voie basse-, par la durée de l’allaitement, les maladies et traitements administrés, la qualité de l’alimentation, la bonne mastication et la capacité de digestion.

Le microbiote intestinal attire l’attention car il remplit de nombreuses fonctions dans le corps. A ce titre son déséquilibre participe à des troubles en lien avec ces fonctions.

Quelles sont les fonctions du microbiote intestinal ?

Voici les fonctions assurées par notre compagnon symbiotique :

1/ Tolérance et défense immunitaire

Par différents mécanismes le microbiote intestinal éduque et influence la nature de la réponse immunitaire. Certaines bactéries à l’intérieur du colon coopèrent et informent les cellules dendritiques (une catégorie de globules blancs) capables d’initier une offensive, ou au contraire de rester tolérantes et paisibles.

2/ Digestion :

Les fibres, les fragments de protéines mal digérées, et le cholestérol sont dégradées par le microbiote.

Celui-ci produit également une partie de la lactase (l’enzyme digérant le lactose).

Certains anti-oxydants nécessitent d’être activés par le microbiote intestinal pour que nous puissions en profiter (polyphénols=composés protecteurs issus des végétaux).

3/ Production des « acides gras à chaîne courte »

Le butyrate, le propionate et l’acétate sont des produits de la flore amicale (“l’eubiose”) à partir de fibres alimentaires. Le 1er est anti-inflammatoire et participe au bon état de la paroi intestinale. Le 2nd ralentit la vidange gastrique, c’est-à-dire qu’il ralentit l’arrivée des nutriments dans le sang. Concernant les glucides, le propionate participe ainsi à une production raisonnable d’insuline dont l’excès mène au surpoids et à une inflammation faible mais généralisée. Enfin, le 3ème acide gras à chaîne courte, l’acétate, nourrit les cellules de la paroi intestinale.

4/ Synthèse de vitamines

Les vitamines K, B2, B8, B9 et B12 sont synthétisées en partie dans le colon.

5/ Contribution à la santé mentale et à l’humeur

Dans certaines conditions une « neuro-inflammation » au niveau du cerveau peut avoir une origine intestinale avec des répercussions sur l’humeur et le moral. En situation de candidose, certaines toxines nuisent également à la lucidité et la sérénité. Les bactéries responsables de la dysbiose de putréfaction quant à elle consomment certains acides aminés précurseurs de neurotransmetteurs favorisant le bien-être.

En déséquilibre, le microbiote continue à assurer a minima les fonctions mais induit des désagréments parfois très gênants, au point de mettre à terre son hôte. Dans la seconde partie, nous allons passer en revue les signes évocateurs de troubles du microbiote, qui devraient vous alerter, et proposer quelques conseils de base pour prévenir ces troubles.

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